vendredi 12 février 2010

Les autres... la solitude... (poids 96,2 kgs)

Ma perception des autres est dépendante de l'état de mon moral, qui me sert en quelque sorte de mètre à penser. J'en conviens qu'en forme, je vois beauté et gentillesse autour de moi, et suis loin de trouver dès lors quelques traces de comportements sociaux difficiles ou même conflictuels. D'autre part, je vis facilement avec les idées des autres, je pense comme l'autre qui parle d'un autre, d'où ma difficulté à émettre une opinion personnelle, ce qui n'est pas pour me rendre quelque peu difficile dans mon appréciation au plan élargi de la société.

Je trouve que l'homme est bon, qu'il est disposé à vouloir le bien et que ses péchés véniels nombreux ne lui enlèvent rien à cette bonté. Je peine à voir le mal chez l'autre, sauf si en l'absence de la personne concernée quelques critiques sur elle sont prononcées, rendant du coup mon jugement plus sous l'emprise de ces critiques.

Je peine à vivre les conflits et mon esprit toujours prêt à pardonner sous l'impulsion judéo-chrétienne reçue dans mon enfance, se donne en mille compliments ici et là, sans l'ombre d'un regret et de telle sorte plus prononcée comme naïveté. Je vis mal avec des personnes ayant des difficultés d'ordre psychologique et si mon bon cœur tente de prodiguer quelques bonnes paroles, cela reste de l'ordre du baume et n'étant point une œuvre de début de guérison.

Le quidam néanmoins dans la rue, qui se livrerait à quelques confidences sur son état financier désastreux, rencontrera avec moi-même, un bon samaritain qui n'hésitera point à sortir son porte-monnaie, et si cet inconnu insistant encore plus sur sa misère, obtiendra un billet. Je souscris facilement à la souffrance des autres, dès qu'elle se manifeste tout près de moi, qu'elle devienne dès lors plus réel qu'à la télévision.

De l'influence des autres des autres sur mon jugement, il n'y a point d'incertitude, et il convient de ce fait d'accepter de ne pas me trouver libre de penser, de vivre, d'exister sans une rencontre, qui fera m'en persuaderai-je ma bonne fortune. Le meilleur de l'autre trouvant un écho en moi, fera naître à son tour, comme par mimétisme, de bonnes pensées et paroles, si ce n'est de dynamiser même mon action dans l'instant où même juste après cette rencontre.

La présence humaine a un retentissement si puissant en moi, qu'il n'est pas toujours nécessaire d'échanger avec moi par la parole. J'existe et agis parce que l'autre est vivant juste à côté de moi. Par effet contraire, une solitude prolongée minera mon moral et me plongera en d'affreuses pensées et me laissera mon esprit dans la noirceur et le vacarme négatif, c'est bien là une donnée essentielle sur mon fonctionnement intérieur. Je ne suis rien quand je suis trop seul et me durcissant aurait la pire difficulté à rencontrer autrui de ce fait, car soumis à l'emprise d'un esprit noir comme le charbon.

Ayant crû longtemps au bonheur seul, j'en suis bien revenu à la nécessité toute a fait vitale de vivre avec les autres et en dépit d'écrire sans cesse, ne croit plus au bonheur seul. Je suis tout a fait convaincu de la nécessité de vivre avec les autres que travaillant dans une école au contact d'un public, j'ai pu mille fois expérimenter que mes journées nourrissaient amplement mon esprit, tapissaient de milles images mon imagination, créant dès lors un état de bien être intérieur jamais déçu.

Car quand bien même, si la solitude a une place ressourçante pour l'homme, il faut bien en convenir que si elle se prolonge, elle pousse au durcissement, si ce n'est au désespoir absolu. Une heureuse solitude accompagne une bienfaisante créativité, que l'œuvre dépende de l'écriture, de la sculpture, du dessin... La folle du logis est à son aise en ses quelques exercices et l'être essayant en quelque sorte différentes esquisse, peut trouver le chemin tant désiré.

Si j'étais créateur, je serai écrivain romancier, l'envie de me manque point, mais il est écrit tant de chose de nos jours, que percer en ce milieu relève du génie; du style et d'une histoire originale, voilà bien la bonne recette. Je ne connais que le nom de certains écrivains à grand tirage, dont les livres trônent en tous les rayonnages des grands magasins ou des librairies modestes ou ayant pignon sur rue.

Le succès littéraire pour certains est comme la boule de neige qui dévale la pente, elle amène d'autre succès et je pense que certains écrivent bien comme beaucoup respirent sans contrainte médicale. Quel écrivain écrit vraiment seul ? La nécessité d'un lieu qui inspire et de l'indispensable stylo ou traitement de texte font peut-être l'affaire. J'en conviens pour ma part que seul, j'écris énormément et jette pêle-mêle des analyses psychologiques ou des faits relatifs au passé que je décortique sans cesse, sans soucis d'avoir d'autre part un public, mais simplement le plaisir d'écrire.

Quand on écrit, on est toujours seul et l'on adresse quelques lettres ou dissertations aux autres, faisant naître de belles images et impressions au lecteur hypothétique.22 h 05 Mon enfance lointaine me laisse davantage, des images de jeux avec les gamins de mon quartier et aussi à mon désavantage certains faits délictueux, comme celui de mettre un tas de clous sur la chaussée et d'attendre que quelques malheureux automobilistes se retrouvent avec un pneu crevé.

J'en conviens ces actes sont passibles d'ennuis si ce n'est pour les jeunes que nous étions, toute au moins pour des parents. Père et mère, ne furent point des gens qui me surveillèrent longtemps dans mon adolescence et si je n'ai pas fait trop de grosses bêtises, c'est à mon manque de confiance en moi-même, qui s'il n'avait été point, m'auraient pousser à la délinquance la plus totale. Comme quoi la confiance en soi, quand elle vient à manquer, n'est pas si inquiétante et peut-être un parapet à quelques mauvaises actions. D'un autre côté, elle me conduisit à ne pas fréquenter les filles, et plutôt à fuir toute situation où ces dernières seraient présentes.

Ma peur des autres fut longtemps ma compagne et si elle perdura très longtemps à l'âge adulte, développa néanmoins une forme de débrouillardise dont je ne suis pas peu fier. Le revers de la médaille étant une certaine volonté de tout faire tout seul, sans l'aide de personne, faisant en quelque sorte le lit d'une apparent égoïsme, ou même orgueil, conduisant à un entêtement certain. Ce fut à la moitié de ma vie, c'est à dire à la quarantaine, que je me trouve plus ouvert aux autres, moins timide et un peu plus enclin à demander de l'aide à tous, quand cela ne va pas bien.

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