A 44 ans, je connais bien mieux ma maladie et finalement j’ai intégré quelques bonnes choses pour tendre toujours vers une normalité qui à mes yeux est de vivre pour moi avec ma petiote, de travailler et de voir de plus en plus de monde et cela de manière de plus en plus naturel. Je ne reconnais qu’à ma schizophrénie que quelques symptômes fluctuants : des hallucinations intrapsychiques et une pensée dissociée.Dans les moments de mieux être, la tentation est d’arrêter son traitement sans avis médicale pour voir. C'est-à-dire de s’enorgueillir quelques jours de pouvoir vivre sans traitement du tout, jusqu’à ce que les angoisses reviennent et quelques subtilités de mal-être jamais encore là vécues, qui conduiront à la prise d’un rendez-vous en urgence en psychiatrie, pour s’entendre dire, « Vous savez bien que vous avez besoin de psychotropes ». Et voilà, le schizophrène repartit dans une nouvelle ascension vers le mieux-être qui lui prendra quelques semaines au mieux. Comment dès lors le plus habile des psychiatres, peut-il stabiliser un patient, qui joue à « la roulette russe avec son traitement ». De moi-même, je suis absolument certain, que sans psychotropes, je ne pourrai même plus sortir dehors, tant les déréalisations, angoisses ou hallucinations me submergeraient sans pouvoir les contrôler et cela en dépit d’une quelconque expérience ou intuition sur la source de mon mal. La schizophrénie se soigne d’abord avec des neuroleptiques auquel peut s’adjoindre une psychothérapie de soutien (la gestalt dans les années 90 m’a permis de garder la tête juste hors de l’eau).
Cependant, je reconnais que ma schizophrénie a été moins grave dans le passé que certains, mais pas moins douloureuse.
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